ART – Choisir le bon mode de gestion pour nos infrastructures de sport et de loisir

Choisir le bon mode de gestion pour nos infrastructures de sport et de loisir

Article de Raymond Chabot Grant Thornton – équipe Tourisme, loisirs et culture (mars 2026)

 

Un bon choix de gestion au service de la collectivité

Pour tous les projets d’infrastructure municipale, la question du bon modèle de gestion revient systématiquement à la table. Cette réflexion n’est pas nouvelle : au fil des années, nous avons vu se succéder différentes vagues de popularité pour les modèles de gestion, tantôt en faveur de la régie municipale, tantôt vers l’impartition ou le privé.

Dans ce débat, certaines perceptions reviennent souvent : le privé serait plus efficace, la gestion interne serait la meilleure façon d’assurer une bonne qualité des services, le privé ne serait motivé que par le profit, au détriment du bien commun, etc. Entre ces deux options, les municipalités cherchent avant tout à offrir des services de qualité et accessibles à leurs citoyens. D’où l’importance de bien comprendre les différents modes de gestion, leurs forces et leurs limites, afin d’identifier celui qui correspond le mieux à notre réalité municipale.

 

Les principaux modes de gestion

La gestion en régie

Dans un modèle en régie, la municipalité assure la construction et la gestion de l’infrastructure. L’ensemble des activités – planification, opérations, entretien, ressources humaines – est réalisé à l’interne par les équipes municipales. Ce modèle demeure largement répandu dans le milieu municipal, notamment pour les équipements sportifs et communautaires.

La gestion en impartition

La gestion en impartition repose sur une construction municipale, combinée à une gestion confiée à un organisme mandaté, souvent un OBNL. Il s’agit d’un modèle de collaboration où la municipalité demeure propriétaire de l’infrastructure, tout en déléguant l’exploitation quotidienne à un partenaire externe, selon une entente définissant clairement les rôles et responsabilités des parties.

La gestion privée

Dans le modèle privé, la construction et la gestion sont assurées par un promoteur privé. La municipalité conclut généralement une entente lui permettant l’utilisation de l’infrastructure afin de répondre aux besoins de ses citoyens, notamment par l’achat d’heures ou de plages d’utilisation.

 

Avantages et inconvénients selon les modèles

Le modèle en régie

La régie municipale offre un plein contrôle sur le projet et sur la gestion : orientations, tarification, qualité des services et accessibilité. Elle permet également un accès facilité à des taux d’intérêt avantageux et à divers programmes de financement publics, tout en favorisant le développement et le maintien d’une expertise interne.

En contrepartie, ce modèle a un impact direct sur l’endettement municipal lors de la construction et sur la masse salariale liée aux opérations. La capacité opérationnelle et la disponibilité des ressources internes constituent aussi des enjeux à considérer.

Le modèle en impartition

L’impartition présente sensiblement les mêmes avantages et défis que la régie pour le volet construction. Toutefois, la municipalité accepte une perte partielle de contrôle sur la gestion quotidienne et un risque d’érosion de l’expertise interne. En revanche, l’organisme gestionnaire peut parfois offrir une plus grande agilité, notamment dans la gestion des horaires, la programmation ou l’optimisation de l’utilisation des plateaux.

Le modèle privé

Le privé peut démontrer une capacité à construire plus rapidement et parfois à moindre coût. Cependant, la municipalité exerce moins de contrôle sur les choix réalisés. Les économies générées ne se reflètent pas nécessairement dans le projet, puisqu’elles peuvent plutôt influencer la marge bénéficiaire du promoteur.

Pour la municipalité, l’impact financier se manifeste généralement dans le budget opérationnel (ex. : achat d’heures de location) plutôt que sur la dette. Le contrôle sur la qualité des services et l’accessibilité est également plus limité.

 

Choisir le bon mode : une décision contextuelle

Il n’existe pas de formule universelle. Les évaluations à long terme démontrent d’ailleurs que, dans bien des cas, l’impact financier global pour la municipalité demeure relativement similaire, peu importe le modèle retenu. Le bon choix dépendra plutôt de la capacité de la municipalité, de ses objectifs, de son appétit pour le risque et de son expertise interne.

Lorsqu’un partenaire est impliqué, en impartition ou en gestion privée, il devient essentiel de se doter d’une entente solide, définissant clairement les paramètres jugés importants : qualité des services, accessibilité, gouvernance, reddition de comptes et mécanismes de suivi. Être accompagné dans la définition de cette entente peut s’avérer déterminant afin que chaque partie puisse y trouver son compte, dans un esprit de partenariat durable.

Au final, peu importe le modèle choisi, une chose demeure : il s’agit avant tout d’un service à nos citoyens. La qualité de l’offre, le suivi et l’alignement avec les besoins du milieu doivent rester au cœur de la décision.