
Article du Groupe HELIOS (février 2026)
Les municipalités québécoises font face à des défis croissants en matière d’infrastructures récréatives et sportives. Vieillissement des équipements, pression sur les budgets d’investissement et d’exploitation, exigences accrues en matière de performance énergétique et de durabilité : la planification et la réalisation de projets deviennent de plus en plus complexes. Dans ce contexte, plusieurs municipalités s’interrogent sur les modes de réalisation les plus adaptés à leurs capacités organisationnelles et financières. Le modèle de conception, construction et opération (CCO) s’inscrit parmi les options à considérer.
Ce modèle repose sur une approche intégrée dans laquelle la conception, la construction et l’exploitation d’une installation sont pensées de manière cohérente dès les premières étapes du projet. Contrairement au modèle traditionnel, où ces phases sont souvent réalisées de façon séquentielle et cloisonnée, le modèle CCO vise une continuité entre les décisions de conception et les réalités de maintien d’actif et d’exploitation à long terme. L’objectif n’est pas uniquement de livrer un bâtiment, mais de mettre en service une infrastructure fonctionnelle, durable et adaptée aux usages réels de la collectivité.
Ce modèle peut s’appliquer à une grande variété d’installations récréatives et sportives. On le retrouve notamment dans des projets d’arénas, de complexes aquatiques, de centres sportifs (gymnases, soccer, multisports), de pavillons communautaires ou encore d’installations de plein air. Il peut convenir autant à des projets de nouvelles constructions qu’à des remplacements d’infrastructures existantes, des agrandissements ou des mises à niveau majeures. Sa flexibilité permet une adaptation à différentes tailles de municipalités et à divers contextes territoriaux.
Parmi les principes clés du modèle CCO, la prise en compte du cycle de vie de l’installation occupe une place centrale. En intégrant les considérations d’exploitation et d’entretien dès la conception, les municipalités peuvent mieux anticiper les coûts globaux, incluant l’énergie, la maintenance et les ressources humaines. Les choix techniques (systèmes mécaniques, matériaux, configurations des espaces) sont alors alignés avec les capacités d’opération et les usages prévus. Cette intégration accrue des phases peut également contribuer à une optimisation des délais de réalisation, en limitant les séquences contractuelles successives et en réduisant les ajustements tardifs susceptibles d’allonger les échéanciers. Cette approche favorise également une meilleure cohérence technique et peut réduire les risques liés aux interfaces entre les différentes phases du projet.
Le modèle CCO présente aussi des avantages en matière de gestion des risques. La réduction des ruptures entre conception, construction et exploitation limite les ajustements tardifs et les incompréhensions entre les intervenants. Pour les municipalités, cela peut se traduire par une plus grande prévisibilité des échéanciers et une meilleure maîtrise des enjeux opérationnels dès la mise en service. Toutefois, ces bénéfices reposent sur une gouvernance claire, des mécanismes de suivi rigoureux et un cadre contractuel bien défini.
Il est important de souligner que le modèle CCO n’est pas une solution universelle. Son succès dépend de plusieurs conditions : la capacité interne de la municipalité à piloter un projet intégré, la clarté des objectifs ainsi que le respect des règles d’octroi de contrats publics applicables au Québec. La transparence, la reddition de comptes et la définition précise des rôles et responsabilités demeurent essentielles pour assurer l’acceptabilité et la performance du projet.
Dans une perspective de planification stratégique, le modèle CCO peut constituer un outil complémentaire aux plans directeurs des loisirs et aux stratégies de gestion des actifs municipaux. Il s’inscrit dans une logique de durabilité, de résilience financière et d’optimisation des ressources, particulièrement pertinente dans un contexte de rareté de main-d’œuvre spécialisée et de complexité technique accrue.
En conclusion, le modèle CCO mérite d’être considéré comme une option crédible parmi les différents modes de réalisation disponibles pour les municipalités. Une analyse rigoureuse des besoins, des capacités organisationnelles et du contexte local demeure toutefois indispensable afin de déterminer sa pertinence pour chaque projet d’infrastructure récréative. Le présent article aborde le modèle sous l’angle d’une gouvernance municipale interne. Il convient toutefois de rappeler que, selon le contexte, l’échelle du projet et les capacités organisationnelles de la municipalité, certaines formes d’externalisation peuvent être considérées, incluant des montages contractuels comme le bail emphytéotique, lesquels peuvent s’accompagner de mécanismes de financement privé.
Par Julie Verreault
Directrice principale, Opérations, Développement et Consultation
Secteur récréatif – Groupe HELIOS
Le Groupe HELIOS s’appuie sur une expertise de près de 50 ans en gestion et exploitation d’installations récréatives, sportives et de plein air au Québec. L’entreprise accompagne les municipalités et organismes publics dans l’analyse, la planification et la réalisation de projets d’infrastructures, incluant des mandats réalisés selon le modèle conception, construction et opération (CCO). Fort de cette expérience intégrée, le Groupe HELIOS est en mesure de piloter des projets de type CCO et d’en assurer le financement, en cohérence avec les objectifs, les capacités organisationnelles et les cadres réglementaires municipaux.
