
Article de Raymond Chabot Grant Thornton – équipe Tourisme, loisirs et culture (avril 2026)
Les marchés publics occupent une place stratégique dans les villes et villages du Québec. Les municipalités jouent aujourd’hui un rôle de plus en plus structurant dans leur création, leur développement et leur consolidation, car ils représentent bien plus qu’une simple activité saisonnière. Ils sont devenus des leviers de développement local, à la croisée des services aux citoyens, de l’animation du milieu de vie et du soutien à l’économie de proximité.
En 2025, on estimait à 210 le nombre de marchés publics en activité au Québec, dont 67 % sont implantés dans des municipalités de moins de 2 500 habitants. Le fait que plus de 80 % d’entre eux soient en activité depuis plus de cinq ans témoigne de la solidité du modèle lorsqu’il est bien planifié et bien ancré dans son milieu.
Un marché public n’est pas qu’un rendez-vous saisonnier ou une animation ponctuelle. C’est un véritable service de proximité pour les citoyens. C’est aussi un circuit court organisé, qui réduit les intermédiaires et renforce la transparence. Il crée un lien direct entre les citoyens et les producteurs ou artisans bioalimentaires, tout en contribuant à la vitalité économique et sociale de notre territoire.
Pour une municipalité, implanter un marché ne consiste pas seulement à encourager l’achat local. C’est poser un geste concret pour améliorer l’accès à une alimentation de proximité et enrichir l’offre de services à la population. C’est aussi ancrer l’achat local dans les habitudes de consommation, contribuer aux enjeux d’autonomie et soutenir une économie à visage humain, où la relation et la proximité participent à l’attachement des citoyens à leur communauté.
Pour les citoyens, le marché public devient ainsi bien plus qu’un point de vente. Il devient un repère dans la communauté, un lieu où l’on se ravitaille, où l’on échange et où l’on participe à la vie locale.
Pour une municipalité, un marché public peut aussi être vu comme un équipement collectif, capable de renforcer l’animation d’un site, de créer des habitudes de fréquentation et de contribuer à faire du cœur de la communauté un lieu plus vivant, plus attractif et plus rassembleur.
Le portrait 2025 des marchés publics saisonniers estime environ 1,9 million de visites, un panier moyen de 67,40 $ et un chiffre d’affaires global d’environ 86 M$.
La clientèle est d’abord locale : 81 % des visiteurs se rendent au marché à partir de leur domicile, ce qui confirme son rôle comme service de proximité et son enracinement dans le quotidien des citoyens.
Chaque marché a son identité, façonnée par le territoire, les producteurs et la communauté. Sa vitalité repose sur :
Des ressources existent pour structurer un projet réaliste : étude d’opportunités, choix du site, mobilisation des producteurs, enquête auprès de citoyens et producteurs, modèle de gouvernance et plan d’opérations, etc.
L’Association des Marchés publics du Québec, en partenariat avec Raymond Chabot Grant Thornton, accompagne les municipalités dans la création, le développement ou la consolidation de leur marché. L’objectif : combiner planification rigoureuse, accompagnement sur mesure et compréhension fine des réalités agricoles et bioalimentaires locales afin de maximiser la viabilité du projet.
Implanter un marché public, c’est offrir un service citoyen concret, visible et rassembleur. C’est agir à la fois sur l’accès à l’alimentation de proximité, le dynamisme économique et la vitalité communautaire. Pour une municipalité, c’est une façon tangible de répondre aux besoins de la population tout en renforçant l’identité et l’attractivité de son milieu.
Pour tous les projets d’infrastructure municipale, la question du bon modèle de gestion revient systématiquement à la table. Cette réflexion n’est pas nouvelle : au fil des années, nous avons vu se succéder différentes vagues de popularité pour les modèles de gestion, tantôt en faveur de la régie municipale, tantôt vers l’impartition ou le privé.
Dans ce débat, certaines perceptions reviennent souvent : le privé serait plus efficace, la gestion interne serait la meilleure façon d’assurer une bonne qualité des services, le privé ne serait motivé que par le profit, au détriment du bien commun, etc. Entre ces deux options, les municipalités cherchent avant tout à offrir des services de qualité et accessibles à leurs citoyens. D’où l’importance de bien comprendre les différents modes de gestion, leurs forces et leurs limites, afin d’identifier celui qui correspond le mieux à notre réalité municipale.
