
Article de Raymond Chabot Grant Thornton – équipe Tourisme, loisirs et culture (mai 2026)
Lorsqu’un bâtiment religieux montre les premiers signes de faiblesse (détérioration visible du bâtiment, désir du diocèse ou d’une fabrique de s’en départir, vente imminente, etc.), la municipalité ne peut pas attendre.
La logique est simple : plus on intervient tôt, moins l’intervention est coûteuse. Politiquement, financièrement, socialement.
Pour beaucoup de municipalités, la réalité est la suivante : une ville, une église. Ce bâtiment n’est pas un actif immobilier comme tant d’autres. Bordé d’un presbytère, d’un cimetière, d’un stationnement, d’un petit parc, il forme un bloc immobilier dont l’importance dépasse ses mètres carrés. Il est porteur d’un rôle historique, d’une valeur patrimoniale et d’une fonction sociale que nul autre équipement ne peut remplacer. La reconversion d’une église, c’est la transformation du cœur battant d’une communauté.
L’Église a longtemps assuré des fonctions de rassemblement, de services et de cohésion sociale. Ce dossier n’est donc pas un dossier de transformation immobilière ordinaire, c’est un enjeu central pour les collectivités.
Une municipalité, même petite, ne peut pas faire fi de cette réalité. Ce ne sont pas toutes les villes qui reprendront toutes leurs églises. Ce ne sont pas toutes les églises qu’il faudra sauver. Mais lorsqu’un bâtiment religieux joue un rôle structurant dans le tissu urbain, patrimonial et social d’une collectivité, la ville est souvent le premier joueur à mobiliser, avant les autres paliers de gouvernement.
En règle générale, si les leaders municipaux n’embarquent pas, les autres ne suivront pas.
Avant même de définir la vocation future du bâtiment, trois questions s’imposent :
Si le bâtiment coche ces trois critères de façon significative, la municipalité se rapproche nécessairement d’un rôle actif dans la démarche de reconversion.
Il est essentiel de reconnaître que ce dossier ne peut pas être porté par un seul service. C’est la plupart du temps un dossier de direction générale, qui intègre les dimensions du loisir, de la culture, du communautaire, du développement économique et de l’urbanisme. Aucun département ne peut en assumer seul le leadership.
Selon l’importance du bâtiment et les moyens de la municipalité, trois postures sont envisageables.
La posture idéale commence toujours par une chose : être au-devant du dossier. Attendre le fait accompli compromet la qualité des décisions et en augmente le coût. Les bâtiments laissés à l’abandon se détériorent rapidement et les coûts de rattrapage peuvent être considérables.
Dès que les signaux apparaissent, la ville mandate une équipe interservices pour produire un état sommaire de la situation et définir la posture à adopter. Cette équipe amorce ensuite une analyse préliminaire portant sur quatre principaux éléments :
Selon le cas, une étude d’opportunité permettra d’évaluer les scénarios de reconversion, d’identifier les partenaires, d’esquisser un modèle de gouvernance et de poser les bases d’un montage financier.
L’équipe Tourisme, loisirs et culture de Raymond Chabot Grant Thornton accompagne les municipalités dans leurs démarches de reconversion, de l’état de situation jusqu’à l’étude d’opportunité.
Agir tôt, c’est assumer un leadership au bénéfice de la collectivité. Attendre, c’est subir et voir les coûts croître.